The wire (Sur écoute), une série de David Simon :
portrait de ville


Série The wire (Sur écoute), créée par David Simon : une analyse concise sous l’angle du portrait, par Walter Georges Henri, auteur de Portraits écrits.
Souvent considérée comme l’une des meilleures séries, si ce n’est comme la meilleure, The wire (Sur écoute en version française) est un portrait magistral de la ville de Baltimore.
Avant de créer The wire, David Simon a été journaliste au Baltimore Sun et il est l’auteur de deux livres documentaires : Homicide: A Year on the Killing Streets (Baltimore, dans son édition française) et The Corner: A Year in the Life of an Inner-City Neighborhood (The Corner : enquête sur un marché de la drogue à ciel ouvert). Autant dire qu’il a une connaissance intime de « Charm City. »
Chacune des cinq saisons de The wire, que traversent les personnages principaux de bout en bout, explore un pan différent de la ville : le trafic de stupéfiants, le port maritime, le gouvernement municipal, le système éducatif et la presse écrite.
Ce que David Simon cartographie, saison après saison, ce n’est pas tant une ville que son métabolisme, la manière dont ses institutions, ses quartiers, ses communautés se nourrissent et s’épuisent mutuellement.
Baltimore n’est pas un décor. Elle est un organisme, avec ses flux et ses engorgements, ses zones d’ombre et ses rares îlots de lumière. The wire en saisit les strates avec la patience et l’acuité d’un médecin légiste qui autopsierait un système.
Et dans ce système, chaque personnage — flic, dealer, docker, élu, gamin des rues — incarne une fonction, occupe une case, se débat avec les mêmes forces qui le dépassent. C’est peut-être là ce qui rend le portrait si implacable : personne n’en sort tout à fait innocent, personne n’en sort tout à fait coupable.
Une fresque prodigieuse, portée par une écriture d’une rare précision et une foisonnante galerie de portraits. L’âme tourmentée de Baltimore vibre et happe.