Comment présenter une équipe ?
3 étapes pour atteindre vos objectifs
Dans une belle maison, la présentation d’équipe est bien plus qu’une case qu’il faut cocher parce que cela se fait dans toutes les entreprises.
Alors que l’humain a souvent une place trop formatée dans la communication, une belle maison offre un cadre idéal pour pleinement valoriser les talents.
La marque employeur, ce terme très « RH », est d’ailleurs un enjeu pour elles, au sens le plus concret : donner envie de rejoindre l’équipe pour y pratiquer son métier, non parce qu’une place est libre, mais parce que la manière de le pratiquer inspire et galvanise.
Souvent, au moment de réaliser cette présentation d’équipe, la tentation est d’aller au plus simple : un trombinoscope ou des biographies. Mais est-ce suffisant ? Je ne le crois pas. Ces formats passent sous silence un élément essentiel : le lien que chaque membre a établi avec la maison. C’est ce lien qu’il faut savoir capter, et restituer, pour qu’une présentation d’équipe soit remarquable.
Je vous invite à entrer dans les coulisses de mon atelier de narrateur, quand il s’agit pour moi de présenter une équipe. Voici étape par étape ma méthode.
Comment présenter une équipe ?
Étape 1 : Tracer 3 repères
Écartons d’emblée une pratique contre-productive : ce n’est pas parce que la concurrence a procédé d’une certaine manière que votre présentation d’équipe doit adopter le même format.
La meilleure manière de présenter votre équipe n’est pas celle qui applique les recettes à la mode : c’est celle qui répond aux caractéristiques et aux dynamiques de votre maison.
Sur ma feuille de route, je place d’abord trois repères : les objectifs de la présentation d’équipe, les angles à privilégier, les supports où la présentation prendra place.
Repère 1 : Les objectifs
Bonne nouvelle : quand elle est de qualité, une présentation d’équipe peut servir plusieurs objectifs à la fois. Voici ceux qui se dégagent le plus fréquemment :
Susciter l’envie de travailler chez vous. N’y a-t-il pas une nuance importante entre un.e candidat.e qui postule parce que l’intitulé de poste correspond à sa recherche, et un candidat qui postule parce que la présentation d’équipe l’a conforté.e dans son envie de travailler chez vous ?
Mettre à l’honneur votre équipe. Quelle plus élégante façon de remercier que de valoriser les savoirs et l’implication de chacun ?
Faire entrer clients et prescripteurs dans la réalité de votre pratique. Quoi de plus tangible, de plus convaincant, que d’avoir comme ambassadeurs celles et ceux dont les gestes et les idées sont la traduction de ce qui distingue votre maison ?
Repère 2 : Les angles
Laissons de côté le storytelling passe-partout. Je m’appuie toujours sur ce qui fait la singularité d’une maison. Selon les métiers et la pratique de chaque maison, je dégage un ou plusieurs angles. Quelques exemples :
- Le geste et le savoir-faire : montrer comment la maison travaille, et ce que cela exige.
- Le collectif : montrer comment les métiers, à l’intérieur d’une maison, se répondent et se complètent.
- Les convictions : la réussite d’une maison tient souvent à la force d’une idée, et à la capacité à la faire perdurer.
Repère 3 : Les supports
Avant de choisir un format, j’accompagne toujours une réflexion à propos du ou des supports où la présentation d’équipe prendra place : site web, réseaux sociaux, vidéo, livre…
Qu’il s’agisse d’un portrait écrit ou d’une prise de parole, deux formats dont je parle dans la section suivante, je veille toujours à ce qu’ils soient suffisamment modulables pour être facilement adaptés d’un support à l’autre, même quand ils ont été écrits pour un support spécifique. Bien sûr, si plusieurs supports sont retenus dès le début du projet, plusieurs versions d’un portrait ou d’une prise de parole seront mises au point.
Étape 2 : Choisir le ou les formats adéquats
En concertation avec la maison, vient alors le choix du ou des formats de la présentation d’équipe.
Avant de rentrer dans le détail des formats que je préconise, mettons aux oubliettes deux formats :
Le trombinoscope et la photographie collective. Faciles à mettre en place, mais totalement muets. Ils ne répondent à aucun des objectifs cités plus haut.
Les 2 formats à privilégier
1. Le portrait écrit
Le portrait écrit est parfois confondu avec la biographie.
Clarifions ce qui différencie le portrait de la biographie, et lui donne un avantage net. Là où la biographie suit une chronologie informative, le portrait saisit les traits de caractère professionnels. La biographie regarde vers le passé (donc périme), quand le portrait met en mouvement et ne s’altère pas.
Placés ensemble, les portraits des membres d’une équipe forment une collection de portraits.
Point de vigilance. Un portrait plat, générique ou laudateur brouille votre crédibilité. Il demande une vraie matière, donc une vraie préparation.
2. La prise de parole
La prise de parole peut être vue comme un manifeste individuel. Elle est écrite à la première personne. S’y expriment une vision du métier, des convictions.
Comme le portrait, la prise de parole n’a pas de date de péremption proche. Elle garde sa force au fil des années.
Les prises de parole au sein d’une équipe peuvent être présentées une à une, ou habilement assemblées pour former un texte choral (à plusieurs voix), ou un script choral s’il s’agit d’une vidéo.
Point de vigilance. Chaque prise de parole doit rester cohérente avec le discours de la maison, sans la faire entrer dans un moule. Un équilibre subtil qu’un regard extérieur doit savoir apporter.
Étape 3 : La réalisation (et ses pièges)
Maintenant que nous disposons d’un cadre précis, à savoir objectifs, angles, supports et formats, nous arrivons à la partie la plus délicate de la présentation d’équipe : sa réalisation.
Je distingue 3 phases : la récolte de la matière, l’écriture, le peaufinage.
La récolte de la matière. Une grande partie de la qualité de la présentation d’équipe se joue ici. Une matière médiocre donnera un résultat médiocre, quelle que soit la qualité de l’écriture.
Disons-le tout net : les questionnaires et les brainstormings sont des mauvaises pratiques, qui donnent une matière sans épaisseur et sans détail.
Je privilégie des conversations ouvertes, où chacun.e a le temps de prolonger ses idées, faire un pas de côté, prendre de la hauteur. Plutôt qu’une écoute passive, je balise, cartographie, infléchis le cours de la conversation. C’est de cette manière que la matière a une vraie épaisseur, et qu’elle va nourrir l’écriture.
L’écriture. Ici, le narrateur doit faire preuve d’une qualité essentielle : adapter son écriture à l’esprit de la maison, à son ton, à son positionnement.
Le peaufinage. Écrire, mais surtout réécrire. Le travail de réécriture, qui peut se répéter, est la condition de la justesse.
Trois pièges sont à éviter : la tentation du fait-maison, l’originalité mal dosée, les ajustements qui appauvrissent.
Piège 1 : La tentation du fait-maison
La tentation du fait-maison est légitime : il n’y a rien d’absurde à penser que l’on est le mieux placé pour écrire pour soi, ou pour réaliser le portrait ou accompagner la prise de parole de personnes côtoyées au quotidien. Ce sont pourtant 2 pièges :
Le piège de l’autoportrait. Quel exercice d’écriture est plus complexe que celui de l’autoportrait ? L’insuccès des grands auteurs qui s’y sont risqués donne une réponse assez explicite à cette question.
Le piège du portrait entre collègues. Plusieurs obstacles se dressent rapidement : une impression d’évaluation, la peur de déplaire, la retenue qui en découle.
Piège 2 : L’originalité mal dosée
Personne ne veut d’une présentation d’équipe banale. Mais un écueil guette, l’originalité mal dosée. Les anecdotes d’afterwork et les détails personnels sans rapport avec le métier (« Mathilde adore les escape games ») n’aident pas à comprendre une approche professionnelle et le lien avec une maison.
La solution : l’originalité par la justesse. Restez sobre. L’originalité vient de la précision du détail, pas des effets de manche.
Piège 3 : Les ajustements qui appauvrissent
Je propose toujours une séance de relecture commune. C’est le moment d’effectuer les derniers ajustements. À mes yeux, il est important que chacun soit à l’aise avec sa présentation, et que la maison soit fière de la collection de portraits écrits ou des prises de parole.
Lors de cette relecture, je veille donc à prendre en compte les nuances supplémentaires qui apparaissent.
Mon rôle est aussi de m’assurer que les dernières retouches n’affadissent pas les portraits ou les prises de parole.
Comment présenter une équipe ? Les clés pour passer à l’action
Pour présenter une équipe, je réalise trois mouvements, en concertation avec la maison qui fait appel à moi :
- Tracer 3 repères : objectifs, angles, supports.
- Accompagner le choix du ou des formats.
- Recueillir la matière, écrire et peaufiner.
Alors l’équipe cesse d’être une liste de noms dans un trombinoscope ou une légende de photographie collective. Elle est l’ambassadrice de la maison.
